L’histoire du site d’Espira-de-Conflent débute pendant l’époque wisigothique, aucun vestige des civilisations antérieures n’y a été trouvé. Les wisigoths ont marqués leur présence par la découverte d’un sarcophage. Il ne contenait pas d’objets caractéristiques, mais deux squelettes, le premier inhumé semblait avoir vu ses restes poussés vers l’une des extrémités de la cuve pour que celle-ci puisse accueillir un second corps, ce qui apparemment était une chose assez courante.

Par la suite les sarrasins ont défait les wisigoths, puis les francs récupérèrent le Roussillon (définitivement en 811). Commence alors la période médiévale, caractérisée par le système féodal.

 

Lorsque Espira de Conflent apparaît dans les premiers documents, il ne s’agissait que d’une possession de la seigneurie de Joch, elle même possédée par la Famille d’Urg, celle qui va engendrer les futurs vicomtes d’Ille. On en trouve une trace en 1150 dans les possessions de Père de Domanova, également seigneur de Joch. Cette famille conservera le village jusqu’au XIIIe siècle où un manque d’héritier direct l’obligera à apporter en dot Joch et ses environs au mari de la dernière héritière, Béatrix d’Urg et Hugues de Saissac. Or Hugues hérite peu de temps après de la vicomté de Fenouillet, ce qui inclut Espira dans cette vicomté. Elle ne sera pas possédée longtemps par cette famille pour des raisons politiques.

« La place de l’église, avec en fond l’église Ste Marie d’Espira.

C’est en 1081 qu’un prieuré d’augustin fut fondé par les moines de Serrabone à Espira de Conflent. Durant toute cette période le village sera sous la protection du prieuré d’Espira, qui avait une grande influence. Ce prieuré prit rapidement une grande ampleur et eu une influence importante en Conflent. Il fut ramené à l’état séculier au XVe siècle et le prieur devint alors le curé de la paroisse d’Espira. Le pouvoir temporel était limité par le pouvoir spirituel du prieur, ainsi, la population d’Espira était relativement sereine. Ce prieuré, sur la route de St Jacques de Compostelle, se visite sur rendez vous et les soirs en été. C´est une église à taille humaine où les panneaux sculptés montrent une véritable catéchèse dans le mouvement réformateur de l´Eglise catholique après le concile de Trente (1545 – 1563). Le culte à la Vierge Marie, patronne de la paroisse, est mis en valeur de façon magistrale, tant par la statue médiévale, que par les panneaux de chaque côté du chœur, l´Assomption et le Couronnement de la Vierge, et par le retable du Rosaire et la cadireta. Cette église est un joyau d’architecture baroque.